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22 Dec

"JARDIN DE RÉSILIENCE" Festival "Art et Paysage" Artigues-Près-Bordeaux

Publié par Béatrice Darmagnac  - Catégories :  #Expositions

"JARDIN DE RÉSILIENCE" Festival "Art et Paysage" Artigues-Près-Bordeaux

 


link vers l'article Sud Ouest

Depuis 7 ans déjà, le temps de la belle saison, Art et Paysage, les rencontres d’Artigues-près-Bordeaux offre de découvrir un ensemble de créations temporaires placées au cœur des espaces verts de la ville et en accès libre permanent. Chacun peut ainsi profiter de l’intervalle estival pour aller au-devant de l’art contemporain au détour d’une promenade bucolique ou par simple curiosité.

La sélection 2013

Pour la deuxième année consécutive, Jean-François Dumont, galeriste et professeur d'art, a eu pour mission de repérer des talents curieux d’investir cette nature à la fois urbaine et préservée.

Les huit créations qui trouvent place dans le parc trois mois durant, nous livrent alors un écho singulier. Il semblerait que la dernière des parties d’une tragédie grecque se joue cet été dans l’écrin de verdure. L’effondrement d’une file de pianos en vis-à-vis avec une terre déchirée, la désagrégation feinte de lames de marbre, un paysage mis en pièce, la course d’un troupeau figée dans l’acier, l’impact de territoires hors normes, l’errance d’une pépinière ou encore la trace d’un espace-temps vierge attirent notre attention. Les affres d’un cataclysme imminent se dessinent au fil des œuvres de ces jeunes artistes venus investir le Parc Bétailhe. Pourtant si l’endroit recueille les formes d’une sorte de doléance envers Dame Nature, un revers d’optimisme se dessine. Au carrefour de questions esthétiques et d’interrogations sur le devenir de la planète, venez découvrir les perspectives qui s’inventent…

Julie Chaffort - Bang!

Pierre Clément - La Harde

Guillaume Cochinaire - Le Grand Colophon

Béatrice Darmagnac - Jardin de résilience

Victor Delestre - De l'ordre et du chaos

Friche and Cheap - Le jardin embarqué

Mathieu Le Breton - Résidence secondaire

Michel Salillas - Constellations



 

 

Ce que je vous ai préparé....

Inspiration Web

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Croquis de préparation

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Une exposition en extérieur, où, pour le travail que j'ai proposé, un retour aux influences basiques du Land art s'est opéré.

Matériaux, échelle, technique... une sculpture fragile et pourtant monumentale, à la lisière de la matérialité et du virtuel en prévision.

Une collaboration est établie avec l'association Blackbirds avec laquelle je m'engage sur plusieurs projets de questionnement sur la matérialité et sur les espaces physiques et virtuels.

 

Intentions générales :

Au commencement, il y a cette interrogation sur la réalité, mon rapport sensible (sens) et intuitif à celle-ci.

Ma voie d’accès est la confrontation à l’espace et à la matérialité, l’imaginaire, et aux possibles interprétations ou illusions que cela me suscite.

Je suis une corporéité pensante aux bords de paysages, et je fais avec.

J’évolue entre risques et plaisirs dans des rythmes, des formes, des couleurs dont je ne serai jamais sûre.

Je poétise la dialectique entre naturel et structurel, avec la prise en compte de l’instable et de l’impermanent. J’offre une réponse plastique par le biais des artifices et de modulations.

Pour cela, je choisis des matériaux pouvant, par le biais de leur matérialité directe, ou par le biais de protocole sculptural, exprimer ces questionnements.

Généralement pauvres, ils se lient, parfois, à des structurations techniques ou technologiques.

Ils se côtoient, se font écho, interagissent, dans une scénographie minimaliste au service de l’expression des mécaniques de l’érosion ou de la catastrophe, par des systèmes de représentation du morphogénétique, explorés sur le motif.

Il me semble que dans le domaine de la recherche plastique, comme dans le paysage, tout se génère par succession de crises et de petites révolutions, et que, l’ordre établi de notre compréhension et connaissance des choses se modifie.

La résilience est une notion utilisée à l’origine en physique pour désigner la résistance d’un matériau au choc. En écologie, elle prend un sens différent : elle mesure le temps de retour à l’équilibre d’un système après une perturbation. Par analogie, en psychologie, c’est la faculté de « rebondir ».

André Malraux avait raison :

« Le monde de l’art n’est pas celui de l’immortalité, c’est celui de la métamorphose. »

 

Projet Jardin de Résilience :

Dans une praxis très matérialiste ou dans une dématérialisation progressive, toujours en relation avec la notion de rapport de l’homme au paysage, son identité paysagère, son écoumène, je travaille sur la pièce « jardin de résilience » dans une transversalité étroite Art/Science/Technologie.

 

J’ai travaillé à plusieurs reprises sur la question du jardin, dans le contexte de ma recherche sur le paysage.

Espace particulier de maîtrise de l’espace, de création, le jardin est un biais d’expression particulier à chaque culture.

Le deuxième axe de ma recherche est l’érosion, catastrophique ou temporelle, sous le regard de la présence ou l’absence de l’eau sur un territoire.

Quel type de jardin pourrai-je alors créer ici, dans un contexte particulier au secteur géographique ?

Les risques naturels de la région, selon les données livrées par la réglementation de l’état des risques naturels et technologiques, seraient : la sismicité, et les mouvements de terrains dus à la dessiccation.

Je prends acte de ses constats, et propose une installation plastique inclue dans le paysage, épousant le principe de résilience.

Je désire par ce projet parler d’espaces qui se créent lors de cataclysmes, et qui scarifient les terrains : les fissures.

Elles révèlent une nouvelle surface, un dessous impensé.

Je souhaite créer une brèche, qui se garnira progressivement de plantes pionnières, qui évolueront durant tout le temps de l’exposition. Sorte de jardin catastrophique, évoluant vers un nouvel équilibre.

Je désire aussi parler de l’espace virtuel, au champ lexical paysager intense, théorisé par Anne-Marie Coquelin, et inclure une oeuvre dans ce champ “dématérialisé”, en temps réel d’analyse de captures des niveaux hygrométriques et de mouvements, en lien direct avec les états de risques du site d’installation. Les outils de captage seront, une fois l’exposition terminée, enterrés à l’endroit même de la sculpture, qui ainsi continuera d’exister par ses chiffres et ses analyses de captation sur Internet.

Sorte de paysage, de sculpture invisible, existante jusqu’à l’obsolescence du système de captage enfoui.

Il nous est possible d'imaginer cette faille, même lorsqu'elle sera ensevelie en fin d'exposition. Ce changement de matérialité est primordial pour vous inviter à la re-matérialiser par la pensée. C'est pour moi la faire déjà ré-exister.

 


 

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Mise en place JUIN

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Texte de présentation sur le site

 

JARDIN DE RESILIENCE

 BEATRICE DARMAGNAC

« Le monde de l’art n’est pas celui de l’immortalité,

c’est celui de la métamorphose. »

(André Malraux)

 

Le sage gazon éprouve sournoisement une faille garnie de plantes pionnières. L’entaille irrégulière figure les dégâts dus aux mécaniques de l’érosion et des mouvements de terrains, de la présence ou absence de l’eau qui sculpte : le système morphogénétique.  Nous voilà au bord d’une sorte de  jardin catastrophique qui s’applique à mettre en scène la notion de résilience.  À l’origine, celle-ci est utilisée en physique pour désigner la résistance d’un matériau au choc. En écologie, elle prend un sens différent : elle mesure le temps de retour à l’équilibre d’un système après une perturbation. La brèche dessine alors  la perspective d’un nouvel ordre. Face à l’inquiétude que l’on peut éprouver au regard des catastrophe naturelles, l’artiste aspire à révéler une nouvelle surface, un dessous impensé. Loin d’être la marque d’un anéantissement, le bouleversement s’avère alors un nouveau possible.

Et il s’agit alors de nouvelles formes-transitoires. Le système de capture des mouvements de terrains et d’hygrométrie en place dans la pièce s’enfuient vers le monde virtuel.Une fois l’exposition terminée, les capteurs seront enterrés à l’endroit même de la sculpture, qui ainsi continuera d’exister par ses chiffres et ses analyses de captation sur Internet.

Sorte de paysage, de sculpture invisible, existante jusqu’à l’obsolescence du système de captage enfoui. La sculpture existera alors, sous un aspect différent dès septembre. Nous communiquerons à ce moment-là le site de suivis des données.

Régie d’œuvre, suivi photographique et vidéo assurés par le collectif DAF représenté par Arnaud Darmagnac, Benoit, César et Baptiste Abadie. Technologie et technique, association Blackbird .

 

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Béatrice Darmagnac

 

Le Mirail, Béatrice Darmagnac est actuellement en deuxième année de doctorat dans cette même université. Elle travaille parallèlement avec l'association Blackbirds qui met en contact architectes, artistes, designers, et entreprises, pour la réalisation de projets de Recherche & Développement par les Arts Plastiques.

 

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La résilience se met en place, les capteurs sont contrôlés.

JUILLET

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AOÛT

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SEPTEMBRE

L'exposition est prolongée jusqu'au mois d'octobre. Nous pourrons constater l'évolution sur un mois de plus.

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OCTOBRE

Résilience finale

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des fruits poussent

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chaque relief est conquis

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des organisations florales s'épanouissent

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La faille est comblée

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Jusqu'aux moindres interstices

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      À cette heure deux capteurs restent enfouis dans le sol...

Les autres ont été recueillis afin de pouvoir exploiter les données, et faire vivre autrement la faille.

 

Bilan :

Une forte réaction face à la blessure de la pelouse pavillonnaire a été ressentie. La communauté était dans l'incompréhension d'un tel geste. Leur territoire était touché. J'invitais lors du vernissage à appréhender la faille dans sa face de résilience, invisible ce jour là. Je tentais d'amener les gens à construire une image de ce que la terre en souffrance allait pouvoir "absorber", créer. Comme dans un de mes travaux précédent "Jeu d'absence". Ce jeu de patience, d'attente, de projection faisait partie intégrante du projet. Car penser pour moi est déjà faire exister les choses. Je crois en la pensée matière. En tant que sculpteur c'est un concept attirant, dont je me sers à travers la plupart de mes pièces. Il y a la forme que je propose, mais ce que vous en faites fais partie de la sculpture (cf Stimmung 1 et 2 avec le Centre National d'Art du Parvis mai 2013.)

 


Le programme était...

Autour des oeuvres

Différents types de visites et d’outils peuvent être proposés, adaptés aux envies de chacun et aux différents âges. Les visites sont organisées du mardi au samedi, du 15 juin au 28 juillet. Renseignements et réservations 05 57 77 18 38 ou par email artetpaysage@artigues-pres-bordeaux.fr

 

Visites commentées et ateliers

Art et Paysage du tac au tac  partir de 3 ans) : Une visite contée pour inviter les plus petits à aiguiser leur regard et à développer leur imaginaire autour des œuvres de l’exposition.

Du lundi au vendredi de 10h à 11h30 / Visites sur réservation du 15 juin au 28 juillet / Gratuit

Raconte-moi Art et Paysage (à partir de 12 ans) : Une balade accompagnée qui invite à mettre en mots les petites et grandes histoires inspirées par les œuvres.

Du lundi au vendredi de 14h à 17h / Visites sur réservation du 15 juin au 28 juillet / Gratuit

Pages ouvertes sur Art et Paysage (tout public) : Sous la houlette de professionnels de l’écrit, des visites doublées d’ateliers créatifs et participatifs autour de l’édition favorisent le dialogue entre création artistique et création littéraire.

Ateliers le 19 juin, le 3 juillet et le 17 juillet de 18h30 à 22h / Pique-nique participatif et balade nocturne sur réservation / Gratuit

 

 

 

Les petits Art’penteurs, (à partir de 6 ans) : Boussole et carte en main, petits et grands accompagnés d’une médiatrice suivent un parcours d’orientation entre création contemporaine et nature. Une manière ludique de s’initier à la démarche des artistes mais aussi d’être attentif à l’environnement.

Ateliers le 26 juin, le 10 juillet et le 24 juillet de 14h30 à 17h / Gratuit - Réservation obligatoire

Art et Paysage à la loupe (à partir de 7 ans) : Développée en partenariat avec Cap Sciences, cette visite propose une approche originale de l’exposition, à la fois artistique, scientifique et environnementale, ponctuée d’ateliers de découverte, d’observation et de défis.

Le 23 juin, le 7 juillet et le 21 juillet de 14h30 à 17h / Gratuit - Réservation obligatoire

Activités libres

Art et Paysage et son mur à palabre (tout public) : Sous forme de nouvelle, de conte, en rime ou en prose, voire même en dessin, les visiteurs en libre cheminement sont invités à raconter leur version de l’histoire de cette septième édition et à les envoyer à l’équipe d’Art et Paysage par email ( artetpaysage@artigues-pres-bordeaux.fr) ou par voie postale (Art et Paysage – Hôtel de Ville, 10 avenue Desclaux 33370 d’Artigues-près-Bordeaux)  . Toutes ces créations seront publiées sur le site  www.artetpaysage.fr, véritable zone d’expression collective.

La fabrique à voir version 2013 (à partir de 6 ans) : « La Fabrique à voir version 2013 » propose de découvrir des œuvres à travers des activités ludiques et créatives. Adapté aux enfants à partir de 6 ans, ce livret s’adresse aux visiteurs qui souhaitent parcourir librement l’exposition en famille ou bien à des groupes constitués dans le cadre d’une visite accompagnée. Des exemplaires sont mis à disposition aux visiteurs à la médiathèque et à la mairie d’Artigues-près-Bordeaux. Le livret est également téléchargeable sur le site internet www.artetpaysage.fr.

 

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À propos

Présentation des travaux plastiques et théoriques.