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Béatrice Darmagnac

Béatrice Darmagnac

Présentation des travaux plastiques et théoriques.


"Résilience" Omnibus (Tarbes) du 16 mai au 29 juin 2013

Publié par Béatrice Darmagnac sur 24 Mai 2013, 08:40am

Catégories : #Expositions


RÉSILIENCE

EXPOSITION DU 16 MAI AU 30 JUIN 2013

 

L'association Omnibus a le plaisir d'accueillir Béatrice Darmagnac pour une exposition personnelle associant des sculptures inédites à des installations réalisées in situ. Diplômée en 2010 de l’École Supérieure d’Art des Pyrénées, site de Tarbes, cette jeune artiste est actuellement en doctorat à l’Université de Toulouse II Le Mirail, où elle effectue des recherches autour des questions de "paysement" et dépaysement.

Sous un titre qui évoque une notion de physique désignant la résistance d’un matériau au choc et la capacité d’un système à pouvoir intégrer une perturbation, Béatrice Darmagnac propose un ensemble d’œuvres qui traduisent son regard sur le paysage, dans son évolution au cours du temps et sous l’effet d’aléas extérieurs. Elle s’intéresse notamment aux signes d’érosion ou de mutation, et met en scène des phénomènes observés lors de ses études sur le terrain avec des matériaux trouvés, naturels, utilitaires ou pauvres. Ses sculptures oscillent entre architecture et ruine, ou prennent les formes d’une nature artificialisée dans de grandes installations qui nourrissent un dialogue avec l’espace environnant.

 


L'exposition est ouverte au public du mercredi au samedi de 14h30 à 19h. 

 

« L’art s’insère à mi-chemin entre la connaissance scientifique  et la pensée mythique ou magique ; car tout le monde sait que l’artiste tient à la fois du savant et du bricoleur : avec des moyens artisanaux, il confectionne un objet matériel qui est en même temps un objet de connaissance. » (Claude Lévi-Strauss)

 

BÉATRICE DARMAGNAC, RÉSILIENCE

Exposition du 16 mai au 29 juin 2013, Omnibus, Tarbes

 

 

Sous un titre qui évoque une notion de physique désignant la résistance d’un matériau au choc et la capacité d’un système à pouvoir intégrer une perturbation, Béatrice Darmagnac présente un ensemble d’œuvres qui traduisent son regard sur le paysage, dans son évolution au cours du temps et sous l’effet d’aléas extérieurs. Elle s’intéresse notamment aux signes d’érosion ou de mutation, et met en scène des phénomènes observés lors de ses études sur le terrain. Formellement assez minimales, ses propositions plastiques relèvent de gestes le plus souvent « simples », associés à l’emploi de matériaux bruts, naturels ou utilitaires, mais aussi de débris ou de matières insaisissables. Ses sculptures oscillent entre architecture et ruine, ou prennent les formes d’une nature artificialisée dans de grandes installations qui nourrissent un dialogue avec l’espace environnant.

En dépit d’une apparence parfois austère, ces œuvres offrant de multiples lectures sont empreintes d’une poésie subtile, car Béatrice Darmagnac cherche l’expression du sublime dans le potentiel intrinsèque des matières nues, l’éphémère ou l’infra mince, et rend visible l’invisible.

Ici, un nuage de fumée s’échappe par intermittence, créant le brouillard qui enveloppe peu à peu le paysage accidenté que l’artiste a tiré d’un lourd grillage métallique suspendu à l’horizontale à hauteur du regard, creux et bosses figurant des montagnes et des vallées dessinées dans l’espace. Ailleurs c’est de la poussière blanche, un résidu de ponçage recueilli sur une barre de bois, qui nous entraîne vers des sommets enneigés illuminés par un soleil artificiel. Le fantôme du matériau est révélé dans cette sculpture fragile, une œuvre éphémère qui recèle pourtant d’infinies métamorphoses.

Cette « esthétique de la disparition » présente dans le travail de Béatrice Darmagnac s’accompagne d’une idée centrale pour l’artiste : l’intime conviction que tout est matière, y compris la pensée. Bon nombre de ses pièces demande la participation active du visiteur, sollicité physiquement et mentalement. Jouant sur les titres et les concepts, Béatrice Darmagnac instrumentalise le regard en provoquant la réflexion, réalisant au passage des sculptures mentales dans les projections imaginaires de chacun. Ainsi des paysages empruntés à l’histoire de l’art deviennent des grilles de lecture laissant place à la libre interprétation, tandis que de simples chevrons de bois usinés sont mis à disposition du regardeur comme les possibles fondations d’un observatoire qu’il sera automatiquement amené à construire par l’esprit. Le corps est quant à lui convoqué dans les rapports d’échelle, la mise à distance, la collaboration effective à la réalisation de l’œuvre (Partage des eaux).

À la fois conceptuelle et sensible, mélangeant volontiers l’artificiel au naturel, la démarche artistique de Béatrice Darmagnac révèle et magnifie les matériaux jusqu’au déchet. Elle produit une sculpture contemplative, des objets mentaux dont la finalité est de réintroduire de l’enchantement dans la perception du réel.

 

 

 

 

Au commencement, il y a cette interrogation sur la réalité, mon rapport sensible (sens) et intuitif à celle-ci. Ma voie d’accès est la confrontation à l’espace et à la matérialité, l’imaginaire, et les possibles interprétations ou illusions que cela suscite en moi.

Je suis une corporéité pensante aux bords de paysages, et je fais avec.

J’évolue entre risques et plaisirs dans des rythmes, des formes, des couleurs dont je questionne toujours l'existence et le statut, vis à vis du réel.

Je poétise la dialectique entre naturel et structurel, avec la prise en compte de l’instable et de l’impermanent. J’offre une réponse plastique sous la forme d’artifices et de modélisations en choisissant des matériaux pouvant exprimer ces questionnements par leur matérialité directe, ou par le biais de protocole sculptural. Des matériaux de récupération, délaissés, mais aussi le potentiel de devenir de matériaux de construction ordinaires, me servent à introduire un enchantement dans le champ de l’art contemporain, et ses modes formelles, dont je me joue.

 

En tant que sculpteur, j’interroge l’espace, les volumes, les matériaux, la temporalité de leur expérimentation. Et ceci, à différents niveaux d’acceptation de ces notions : le physique et l’imaginé, le matériel et le sublimé.

Pour moi, tout ce qui est pensé est réel, matériel, dans un principe d’acceptation que « tout est matière ».

Les images intimes ont leur siège dans le site amygdalien du cerveau. Le souvenir et l’envisagé activeraient les mêmes zones de construction imaginale.

Dans chacune de mes sculptures, le rappelé, le présent et la projection sont donc en présence.

 

Le point d’ancrage de mes recherches est l’observation de la plasticité dans le milieu naturel : érosion, système morphogénétique, particulièrement les effets de l’eau. L'exposition Résilience est de l’ordre de la représentation : mapping, traitement de l’entrelacs ou de la strate, des limites, du point de vue. C’est la juste continuité de mon étude du paysage, sa perception sensible, esthétique, et son existence dans et travers l’individu, dans un jeu de matières brutes à caractère utilitaire, et de fragments issus du naturel.

J’affirme ici ma filiation, et ma séparation de mes références : art conceptuel, minimal, land art et Arte Povera.

Je propose des pièces plastiques à l'esthétique singulière qui invitent à l’émerveillement, au lointain, en traduisant mon questionnement sur la notion de résilience : le retour à un équilibre après une perturbation, notion en creux dans le geste artistique.

 

Béatrice Darmagnac

 

 

 

 

 

> Images projectives

Impressions sur papier. 70 x 100 cm

Portant les titres d’œuvres de référence pour mon travail et ma démarche dans le paysage, ces images amènent le regardeur à en faire une nouvelle lecture ou à construire son propre tableau, la grille étant une proposition méthodologique d’organisation de la projection mentale.

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> Cristallisation proliférante

Installation. Agencement de métaux. 200 x 350 x 250 cm

La cristallisation des roches est le fruit de phénomènes naturels complexes d’une grande violence : compression, chaleur, hygrométrie, qualité chimique de la roche. Ce choc plastique extrême crée une esthétique singulière qui m’a inspiré pour ce travail. Depuis un interstice existant dans l’architecture du lieu, je simule une prolifération cristalline qui tend à envahir l’espace et le rend dangereux.

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> La collection ratée

Installation. Armoire, fiole, eau de Lourdes, cartels. Dimensions variables.

Nos tentatives de mesurer, classer, archiver le monde dans les cabinets de curiosités et plus généralement les collections sont à un croisement temporel (passé/présent/futur).

Située à ce carrefour, ma collection d’eau de sources n’est composée que d’une seule fiole contenant de l’eau, outil de transition du magique, récoltée sur un ancien site païen druidique étrangement pérennisé en lieu saint. Des cartels présentant des noms de fleuves mythiques entraînent la pensée au plus près de leurs sources, à la recherche des éléments manquants de cette collection ratée. 

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> Dream catcher ou « To serve and protect »

Sculpture. Filet de protection chutes de pierres, grillage triple torsion d.3,5. 350 x 550 cm.

Sorti de son contexte utilitaire, un matériau sécuritaire et austère devient un paysage flottant qui évoque les modélisations informatiques.

Le dream catcher Hopi est destiné à stopper les mauvais rêves. Si les rêves comme les pensées sont de l’ordre du matériel cette installation figure la rétention de pensées lourdes. 376891_678629068817415_2088802713_n.jpg599267_678628972150758_1157862334_n.jpg935441_678629038817418_685483355_n.jpg936181_678628888817433_1810083360_n.jpg971686_678629092150746_1091765289_n.jpg

 

 

 

> Glissement

Sculpture murale. Crédence plan de travail, schiste, sable. 200 x 110 cm

Jeu de glissements entre la représentation d’un phénomène lié à l’intrusion de l’eau dans les roches qui provoque des déplacements de plaques, et ma vision du geste artistique, qui est de l’ordre du décalage.

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> Et personne ne m’empêchera plus jamais de regarder les nuages

Sculpture. Moellons, ciment, point de vue. 220 x 240 cm.

Je me place ici directement dans la lignée de l’histoire de la représentation de la fenêtre dans la peinture, qui a ouvert vers la compréhension du paysage, et en rapport aux formes contemporaines de cadrages de la nature (Turrell, Buren…), tout en présentant le regard inversé qu’on aurait dans un squat. L’ouverture vers l’extérieur est occultée pour souligner un espace obtenu par la destruction de la limite matérielle imposée.

«L’homme doit se donner des limites afin de les supprimer». Simmel.

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> Partage des eaux

Socle, cuve ronde, eaux de provenances variées. Dimensions variables.

L’eau et sa particularité de plasticité extrême est l’élément, le matériau, qui est au centre de ma recherche. J’exploite ici sa fluidité et sa capacité à se métamorphoser, à ne plus être identifiable, en accumulant des eaux d’origines diverses ajoutées lors du vernissage par les visiteurs.

Issu d’une poétisation d’un rituel païen Maori de la rencontre, le mélange et le partage des eaux crée une sculpture qui dépend du contenant et est régit par l’inexorable évaporation.

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> Aux portes du désert

Sculpture. Portes de récupération découpées, sable. 120 x 100 x 130 cm

Un système de strates à l’image des rochers dans les régions désertiques et ventées, ou comment avec un matériau et des gestes simples, susciter l’imaginaire.

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> Poudreuse

Sculpture. Enduit, carré de bois 200 x 2,5 x 2,5 cm, poussière de ponçage, lumière.

L’usure d’un matériau change sa matérialité et crée des résidus. J’ai choisi de les révéler en arrêtant leur chute, pour inviter au voyage vers des sommets enneigés avec cette œuvre éphémère et fragile.

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> Stock : Observatoire.

« Puisque aujourd’hui tout vole, alors qu’on voit les fils de pêche… »

Installation. Chevrons, fils de pêche 10 kg. 420 x 40 x 280 cm.

Deux idées essentielles qui se recoupent sont au cœur de ce dispositif. L'une est basée sur la forme, l'autre sur la réflexion duchampienne de la "couleur invisible du tableau" : le titre.

Des matériaux bruts sont présentés dans un agencement de stock et d'auto-construction factice, impossible. Rien ne vole, rien ne se fabrique par magie, et j’en ris. Par le titre indiquant ce à quoi elle est destinée, l'œuvre réelle se place : ce sont les réflexions, images et déductions créées en votre for intérieur. La sculpture n'est terminée que par le regardeur-penseur. Ceci est une sculpture intime.

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> Suizeki

Sculptures. Collection de résidus de construction, matériaux divers, socles-pièces en bois brut. Dimensions variables.

La technique traditionnelle japonaise du suizeki consiste à faire entrer dans le champ de la contemplation esthétique un élément naturel recueilli sur site et à le transcender en pièce unique en le plaçant sur un socle, comme une représentation miniature des paysages du monde.

J’effectue le même geste avec des matériaux de construction dérivés d’éléments naturels, abandonnés parce que ratés, périmés, et dans lesquels je découvre des paysages magnifiques. 

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