Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Béatrice Darmagnac

Béatrice Darmagnac

Présentation des travaux plastiques et théoriques.


En attendant la mer...

Publié par Béatrice Darmagnac sur 8 Mars 2016, 09:54am

En attendant la mer...

Exposition Béatrice Darmagnac / Collectif DF*

Maignaut Tauzia // Château XIIIe de St Orens // vallée sédimentaire gersoise

Production ADPL 32 et association Maignaut Passion

Vernissage 4 Juin 2016 à 18h30 sur le site de Maignaut-Tauzia, pigeonnier octroi.

Si on nous demande ce que l'on "fabrique", nous pouvons dire que nous sommes dans la pure lignée des artistes landartistes et leur rapport au paysage, des spatialistes et leur lien à l'espace et aux matériaux, à l'Arte Povera et son sens militant, et au mouvement minimaliste qui utilisa la lumière comme matériel plastique inframince. Nous pouvons dire même que nous sommes hantés par les Nouveaux réalistes. Avec une tendresse particulière pour le travail d'Yves Klein. Ce fut un ambassadeur des idées et d'une esthétique asiatique, d'une cosmologie, dont on se sent héritiers. Sans aucun doute.
En quelque sorte, vous l'aurez déduit, ce sont les notions d'espace, de matérialité, de temporalité, de réalité qui nous tiennent, et qui nous permettent de questionner la place de l'homme dans l'univers. Nous effectuons un travail ontologique, plastique et engagé. Réaliste.

La pièce que propose le Collectif DF* à Maignaut-Tauzia est une sculpture monumentale.
En effet elle se déploie à l'échelle du paysage physique, à l'échelle d'une vallée gersoise; mais elle se déploie aussi à l'échelle de la construction mentale de ce qu'est le paysage (social, économique, politique, spirituel, traditionnel, scientifique...) que nous construisons individuellement, et que nous partageons pour établir un socle commun de communication, de cognition. C'est ce monu-mental que nous vous invitons à découvrir et vivre.


Un panoramique incroyable nous a séduit lors de la première rencontre de l'espace avec Claudette et Serge Belliard, responsables de l'association M.P qui est à l'origine du projet, et de Christophe Bassetto, directeur de l'ADPL de Gondrin et commissaire de cet événement.
Nous étions en face d'une immensité, aux couleurs variées, devant un espace que nous ne pouvions saisir d'un seul regard englobant. Il fallait faire avec "cela". Il fallait "être là", comme le suggère Heidegger (Dasein) c'est-à-dire être dans la démesure du topos.
Il nous fallait parler avec le génie du lieu...
C'est ce que nous avons fait.

4 projets d'envergure furent proposés. Chaque pièce était, dès le croquis et les réunions de projet, conçue dans un souci de réalisation collective et participative. Il ne pouvait pas en être autrement pour la réalisation technique.
Dans notre démarche, il y a toujours l'ombre de Joseph Beuys qui souhaitait que chacun soit artiste, avec son concept d'art élargi, social. Non pas qu'il encourage à ce que tout le monde soit un peintre, mais que chacun déploie sa créativité, son énergie, son élan vers la construction collective d'un environnement social artistique. C'est ce que nous avons instigué avec cette pièce. J'espère que c'est ce qu'auront ressenti tous les acteurs de cette entreprise. Qu'ils seront heureux et fiers de voir la concrétisation d'un projet dont il furent des agents indispensables.

La deuxième unité de mesure fut le superbe pigeonnier octroi à l'architecture singulière de proue de bateau.


L'enjeu était grand.


Aujourd'hui, sur la colline de Maignaut-Tauzia, prolongeant le bâti ancien plastiquement particulier, est installé un ponton. Un ponton qui n'aurait pas supporté d'être dans une demie-échelle, dans un à peu près, dans un geste de poser une sculpture en oubliant ce qui l'entoure, et est le véritable maître d'oeuvre. Il fallait être juste.

Ce ponton fait 12 m de long, 3m de large, et 4,5m de haut. Il est en bois de peuplier blanc qui se détache des polychromatiques agricoles et constructions humaines, de l'horizon changeant.
Deux embarcations sont attachées, trop court, attendant la montée des eaux, à cet aménagement poétique d'un territoire en mutations permanentes.
Des cartes et des vestiges d'une présence/absence de cette mer attendue sont réunis à l'intérieur du pigeonnier, témoins d'une construction lente et érosive, faite de dépôts et de charriages.
Sur la "berge" en face, au château de St Orens, avec la complicité de Guy Capdeville et Nicky Hébrard est installé un phare pour les vaisseaux en perdition. De nuit, un scintillement alternatif nous plonge dans la construction de ce nouveau paysage marin, et nous rappelle les travaux de Fontana, Mac Call ou Veronica Jansens.

Ici, tout est donc histoire de construction.
Matérielle et massive à l'échelle 1 de l'immensité du paysage; inframince et culturelle sur la projection que notre esprit accompli en envisageant "ce qui fut, ce qui est, et ce qui sera" :

"En attendant la mer" est une pièce basée sur l'anticipation, sur les inquiétudes contemporaines d'un dérèglement du climat, du changement perpétuel.
Lorsque l'homme fréquente le paysage, il établit une image et une définition de ce qui l'entoure, avec sa mémoire, avec sa culture, avec la conscience collective qui code ses lectures. Et il entre dans une temporalité terrestre qu'il doit mesurer à la sienne. Ici nous vous proposons un paysage à temporalités différentes. Celle de l'être là, celle de la constitution du paysage, celle de l
a projection." (texte de diffusion de communication événementielle)

Et maintenant, si nous vous disions que pour nous, le postulat que la projection mentale, les images internes que vous aurez, ces projets de bateaux tranquilles ou de traversées turbulentes, sont aussi notre "matière" à sculpter. Vous comprendrez alors que notre sculpture est totale. Que nous vous invitons à vous impliquer jusque votre plus infime "pensée matérielle". Des artistes comme Joseph Beuys ou Robert Smithson avaient déjà engagé des pièces ou des théories de ce type. Et nous avons décidé de les écouter.

N'ayez pas peur, mais, cette perspective déroutante est un constat scientifique contemporain, même si il n'est pas encore mesuré : la pensée est matérielle, ce que nous construisons mentalement l'est aussi. La théorie des boucles nous dit que l'espace est granulaire, Penrose que la pensée à forcément une matérialité. Nous revenons finalement aux thèses des pré-socratiques des philosophes de la nature, ou des atomistes, qui ne voyaient que mouvance et choses. Comme les croyances asiatiques. C'est une réalité actualisée.

Nous vous proposons cette pièce installée jusqu'au 28 août 2016, mais qui pourra, selon votre désir être réactivée lorsque vous le souhaiterez. Il vous suffira de vous la remémorer, c'est-à-dire de la reconstruire, à votre guise, et de la partager. Ce sera là encore, non seulement un souvenir, mais une véritable sculpture, comme dans les pièces Cosmophanie (CIAM La Fabrique) et Stimmung (Centre National d'Art Contemporain du Parvis), réalisées en 2016 et 2011.
Bon voyage.

Je remercie chaleureusement le Collectif DF*, qui est une entité modulable, et qui, cette fois était composé de :

Arnaud Darmagnac
Jade Darmagnac
Ambre Darmagnac
Béatrice Darmagnac
et tous les participants au chantier et installations, transport, outillage, déplacements des masses, stockage, repas succulents, les cartes scientifiques...
Serge et Claudette Belliard
Christophe Bassetto
Jean-Paul Chiarandini
Laurent Boyer
Nicolas et Gérard Salaün
Ludovic Bernardo
Samy et Odette Aeschlimann
Nicky Hébrard
Guy Capdeville
Gérard Boyer
Mireille Gatineau

l’APBA (Association Paléontologique du Bassin Aquitain)
Bérengère Clavé-Papion, vice-présidente
Frédéric Bordessoule, fondateur
Pour les cartes plus anciennes, en nom propre Bernard Langellier


un remerciement aussi à STANLEY et sa scie égoïne qui est à la base de la plupart des découpes monstrueuses de la structure principale
Jean Baptiste MAKITA et sa solide visseuse
et Massey Fergusson et sa création de 1964

photo C.Belliard

photo C.Belliard

Soirée concert au pied du ponton avec Natasha Atlas, Ivan Hussey et Samy Hichai. Et le phare juste à gauche.  Merci Guy Capdeville, photographe globetrotteur, pour ces photos
Soirée concert au pied du ponton avec Natasha Atlas, Ivan Hussey et Samy Hichai. Et le phare juste à gauche.  Merci Guy Capdeville, photographe globetrotteur, pour ces photos

Soirée concert au pied du ponton avec Natasha Atlas, Ivan Hussey et Samy Hichai. Et le phare juste à gauche. Merci Guy Capdeville, photographe globetrotteur, pour ces photos

Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage
Construction de paysage

Construction de paysage

Le phare et les mouettes. Montage Serge et Claudette Belliard. M.P.

Le phare et les mouettes. Montage Serge et Claudette Belliard. M.P.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents